Le week-end des 2006

pictU12   Tournoi Pierre Berbizier

Enfin

Il n’est pas rare dans la langue française qu’un même mot ait plusieurs significations. Il est moins courant que chacune d’entre elles puisse résumer une même situation, un même événement. L’adverbe « enfin » est pourtant celui qui caractérise le mieux les émotions ressenties à l’occasion du tournoi de Lannemezan qui s’est déroulé le 2 juin 2018.

« Enfin » indique tout d’abord un évènement qui se produit après avoir été attendu avec impatience. Exemple : « Après avoir tant désiré la fin de l’orage qui sévissait dans le ciel de Lannemezan, les jeunes TUCistes ont enfin pu fouler la pelouse inondée du terrain principal du stade François Sarrat pour y disputer la finale de leur catégorie ». Pourtant, la journée avait bien commencé sur un plan météorologique. Les montagnes des Pyrénées avaient décidé de se mettre sur leur 31 pour accueillir les jeunes toulousains. En ce samedi printanier, elles s’étaient drapées d’une écharpe blanche au-dessus de laquelle le ciel, éreinté par une surcharge de bleu, s’était allongé sur leurs cimes. Mais à mesure que les U12 du TUC disposaient des équipes du comité d’Armagnac-Bigorre, les masses grises des montagnes se détachèrent progressivement dans le bleu du ciel et au-dessus d’elles roulaient quelques petits nuages blancs dont le soleil illuminait partiellement les contours. Après la demi-finale gagnée de façon convaincante en début d’après-midi, face à la valeureuse équipe du FCTT, des nuages noirs, menaçants, s’amoncelèrent, enfantant un orage apocalyptique. Mais devant la persévérance des jeunes TUCistes, désireux d’en découdre avec l’équipe locale, Dame Nature a abdiqué : les joueurs ont été autorisés à entrer sur le terrain. La finale a pu enfin débuter sous une pluie fine.

« Enfin » indique ensuite une conclusion après une énumération. Par exemple : « Saint-Vincent de Tyrosse, Argelès-Gazost, Isle-Jourdain, Gujan-Mestras, Revel, toujours bien classés, toujours méritants, les 2006 n’étaient jamais montés sur la première marche d’un podium. C’est enfin le cas ».  Bien entendu, les 34 enfants qui composent ce groupe ont obtenu de nombreuses victoires. N’oublions pas que chacune des deux équipes a remporté son tournoi lors du déplacement effectué à Madrid au mois d’avril dernier, mais le contexte était particulier. Il manquait une victoire de référence pour mettre les autres en valeur et enfin, elle est arrivée. Bien entendu, les caciques du monde éducatif répètent à l’envi que l’on apprend peu par la victoire, mais beaucoup par la défaite, que ce n’est pas la victoire qui rend l’homme beau, mais le combat. Il n’empêche que dans des conditions fort hostiles, les 2006 du TUC ont découvert l’ivresse de la victoire, cet état d’hystérie collective qui transforme les ventre-glisses sur le terrain après le match et les rires dans les vestiaires en des moments inoubliables, ce sentiment d’insouciance qui rend l’extraordinaire presque naturel.

« Enfin » sert par ailleurs à rectifier, à apporter une correction à ce qui précède. Exemple : « Les 2006 ont remporté un tournoi, enfin il leur reste beaucoup à apprendre ». Cette affirmation ne leur est pas propre : l’être humain peut grimper aux plus hauts sommets, mais il ne peut s’y tenir longtemps. Il lui faut continuer à apprendre, apprendre encore et toujours car en grandissant, le sommet est toujours plus haut. Ces enfants de 12 ans ont toutefois un véritable atout. Quand certains font de leur sport un métier, ils ont su faire d’un passe-temps une passion. Ils véhiculent sur le terrain de rugby des valeurs d’unité, de courage et de solidarité qui sont louées par leurs éducateurs et valorisées par leurs parents, terreau fertile à la réalisation de grands et beaux projets.

« Enfin bref » (expression qui s’apparente à un pléonasme populaire), ce tournoi restera dans la mémoire de tous ses participants, parents, éducateurs, mais aussi et surtout joueurs. N’oublions pas enfin les joueurs qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas pu y participer, car en cette fin d’année rugbystique, ces enfants forment plus qu’un groupe : ils sont devenus un véritable équipe.

Les éducateurs 2006

Le week-end des 2006

pictU12   Tournoi de La Teste de Buch

Une histoire différente des autres

Qui n’a pas eu envie, un jour, de changer le cours de son histoire, de se libérer de ses archétypes transgénérationnels, de délaisser cet héritage souvent bien encombrant et insoupçonnable qui aliène sa liberté de pensée et d’action ? Chacun le sait : le chemin est difficile car la société nous renvoie irrémédiablement à la métaphore du cours d’eau qui s’écoule, cette image qui suppose la linéarité du temps et donc celle de son histoire.

A 12 ans, un enfant a déjà des idées préconçues, des limites qu’il s’est forgées lui-même ou que les adultes ont fait en sorte qu’il se crée. C’est là que « l’éducateur » a un rôle à jouer, celui de faire comme l’aqueduc qui conduit l’eau vers un but, celui de conduire l’enfant hors de sa condition d’enfant vers une condition d’adulte autonome et indépendant. Ce chemin est souvent long par les préceptes et court par les réalisations. L’une d’entre elles s’est néanmoins produite lors du tournoi de rugby de la Teste le samedi 19 mai 2018.

9h55 : 1er match de la journée contre Saint-Médard en Jalles. Les benjamins du TUC rivalisent face à une équipe bien structurée et rugueuse dans les zones de contact. Alors que l’arbitre annonce la dernière action de la partie, les jeunes TUCistes se font intercepter le ballon et perdent ce match à la dernière seconde. La déception est immense tant l’attente était grande de leur part.

16h07 : match de classement pour la 5eme place contre la même équipe de Saint-Médard en Jalles. Le match est aussi disputé que le matin, mais cette fois-ci, c’est le TUC qui l’emporte en marquant un essai à la dernière seconde, un ballon récupéré en mêlée par des avants soudés, et un ballon qui file à l’aile pour finir dans l’en-but.

Lors de l’opposition du matin, les Tucistes étaient-ils moins forts que leurs adversaires? Pas forcément. Etaient-ils meilleurs qu’eux lors de la dernière rencontre de l’après-midi ? Rien ne permet de l’affirmer. Mais dans un cas, ils ont perdu le match et, dans l’autre, ils l’ont gagné.

Est-ce le simple fait du hasard, un peu comme ce ballon de rugby qui rebondit de façon imprévisible ? Plusieurs fois dans la saison, les jeunes TUCistes ont été confrontés à cette situation : rejouer une équipe qui les avait déjà battus et le résultat final est resté identique.

Sauf que depuis quelques semaines, la fin de l’histoire est différente. Ces enfants arrivent à ressortir vainqueur de matchs contre des équipes qui les ont dominés précédemment. Ils sont en train de prendre conscience de leur qualité, du groupe de copains qu’ils forment. Depuis le début de la saison, même pendant les phases délicates de l’hiver, leurs éducateurs se sont évertués à les encourager, à croire en eux, de façon à ce qu’ils ne se découragent pas. Ils leur ont répété que tout changement est difficile au début, compliqué au milieu et magnifique à la fin. Et cette prophétie est peut-être en train de se réaliser.

Il est de ces moments précieux, où les silences parlent plus que les mots, ces moments d’exubérance, où les sourires en disent plus que de longs discours, ces moments de plénitude collective où l’histoire de chacun semble basculer dans une histoire sans fin. Mais l’histoire est un éternel recommencement, sauf que recommencer, ce n’est pas refaire.

Les éducateurs 2006

Le week-end des 2006

pictU12   Tournoi du pont Tourne

TOURNER avec des itinéraires singuliers d’enfants sur le tournoi du Pont TOURNE

Jeudi 10 mai 2018,  le club de l’Isle Jourdain organisait le Tournoi Benjamin du Pont TOURNE à l’Isle en Jourdain avec 12 équipes inscrites.

Synthèse : Les benjamins 2006 « rouge et bleu » très en jambes le matin en poule de classement ont eu plus de difficultés l’après-midi face à leur propre adversité.

Suite à des averses importantes sur le stade LAPALU, les organisateurs ont annulé le tournoi U14 afin de faire jouer les U12 à « crampons secs ». Le seul souci pour ce tournoi, extrêmement bien séquencé, aurait été qu’il commence à pleuvoir… Tout s’est bien déroulé et les conditions pour jouer au rugby étaient optimales : tout pour que nos benjamins puissent dérouler leur jeu !

Nous allons au stade de football d’HOL. Là commence une attente, le temps que toutes les équipes arrivent.

Les organisateurs nous indiquaient d’emblée qu’ils faisaient la place à l’esprit du rugby à travers le souvenir d’un accident qui avait impliqué des joueurs du club, 20 ans auparavant, et qui avait laissé ces joueurs gravement accidentés et en situation de handicap : dans cet environnement, nulle place n’est laissée à la champion-ite aiguë qui peut naître sur d’autres plateaux de tournoi, avec des éducateurs ou des parents qui exhortent leur enfant à faire mal aux autres enfants ou qui ont des comportements indignes de ce que le rugby doit représenter pour les enfants qui pratiquent ce sport.

En bon entendeur, les parents doivent se placer derrière les mains courantes et les éducs reçoivent des consignes claires… à commencer par respecter les arbitres juniors ou seniors du club hôte et de présenter aux enfants une image d’adulte qui sait se tenir en société d’adultes…

Le temps que les poules soient réalisées compte tenu du désistement de dernière minute des Tarn et garonnais de Bressols, nous échauffons nos grands benjamins qui sont bientôt super échauffés.

Nous tombons dans une poule relevée :

Saint Lys : L’équipe la plus forte de la poule avec des joueurs mobile et très bon sur les rucks.

Pamiers et ses maillots en damier : Une bonne équipe qui nous a donné beaucoup de mal.

Saint Gaudens : L’équipe la plus faible compte tenu de nombreux absents.

SAINT LYS 0 – 1 TUC

Match disputé, où nos joueurs marquent les premiers alors qu’ils auraient pu prendre l’avantage sur une ou deux actions, mais un petit manque de lucidité de nos adversaires et une défense de feu de nos joueurs faisaient que nous l’emportions sur le fil. Les petits Tucistes jetèrent toutes leurs forces dans la bataille et empêchèrent Saint Lys de marquer sur une dernière action qui se terminait en touche à 2 mètres de notre en-but.

PAMIERS 0 – 1 TUC

On enchaîne avec un autre match très compliqué, mais avec beaucoup d’engagement et de jeu collectif, l’équipe était dans son match. Match intense où les Tucistes se retroussèrent les manches et retrouvaient ce qui fait leur force, la hargne, et un pressing de tous les instants qui fit déjouer nôtre adversaire. Une belle action emmenée en bout de ligne concrétisait cette belle prestation…. Un essai qui nous permettait de croire en la qualification pour la poule finale.

SAINT GAUDENS 0 – 3 TUC

Le premier match couperet de la journée…. une victoire était obligatoire si nous voulions terminer en haut du classement.

La première place de la poule est acquise, nous jouerons les phases finales dans le tableau des 1ers de classement !!!!

Résultat de la matinée pour la dispute de la finale : 1ère l’équipe de POUYASTRUC, 2ème l’équipe de l’ISLE JOURDAIN 3ème nos benjamins, 4ème SAINT LYS, 5ème MURET et 6ème FOIX.

Les enfants ont faim après cette belle matinée, il est temps d’aller se restaurer et de se substanter

Petite explication personnelle de ce qui va suivre l’après-midi :

Il est tout à fait impossible à un éduc d’imposer sa ‘‘définition de la situation’’, c’est-à-dire d’interdire aux enfants de sortir d’un pur rôle d’apprenant des techniques et des stratégies du rugby. Un tel coup de force risquerait de placer les éducs dans une situation difficile. Les éducs doivent, vous le comprenez, recourir à des innovations pour éviter l’ennui du rituel, à laisser les enfants s’étendre à des petits amusements, presque invisibles, des à-côtés comme le joug de rugby laissé au bord des terrains du tournoi, le partage du repas avec les parents, les petits jeux entre eux avec ou sans ballon … Vous n’avez pas idée combien, avec ces petits détails, vos enfants peuvent devenir immenses, c’est incroyable comme les joueurs peuvent grandir et sortir du cadre du petit  bébé qui fait sa petite sculpture de boue en écoutant les consignes de l’éduc référent … Bien entendu, il convient d’éviter les pièges de la démagogie positive qui consiste à encourager tout le temps ces joueurs de moins de 12 ans sans leur rappeler leur devoir de comportement et d’attitude vis à vis de la vie en groupe et de la concentration nécessaire à déployer du jeu pour continuer à se faire plaisir. L’éduc, est celui qui joue avec ces itinéraires singuliers des joueurs de l’équipe, sur le mode de l’humour, de la compréhension, de la curiosité, tout en proposant des apprentissages techniques, stratégies et en expliquant aussi les règles de vie.

Et la « re-concentration » est un élément clé pour que les joueurs ne puissent pas passer à côté d’une opportunité de victoire sur une équipe qui déploie du jeu tout autant que l’équipe adverse. Ce ne sont ni les éducs et ni les parents qui jouent, ce sont ces enfants qui doivent se mettre au diapason de l’équipe pour sublimer la motivation collective de ce groupe et la motivation collective n’est pas arrivée à dépasser l’envie du collectif adverse en ce début d’après-midi…

14h00

Nous retournons sur le stade n°1 avec un échauffement un peu à la bourre et nous sentons que les enfants ne sont pas dans les meilleures dispositions pour appréhender les phases finales et le 1er match contre les locaux : l’Isle en Jourdain

Là, pas d’attente, les poules de 3 sont faites. Il faut gagner les deux matchs pour entrer en finale.

Nous jouerons :

L’Isle en Jourdain : les locaux qui outre leurs qualités techniques et stratégiques ont à cœur de s’imposer sur leurs terres et devant leur public.

MURET : une équipe que nous avions affronté la semaine précédente au tournoi de Revel … toujours aussi solide avec un encadrement qui ne s’appuie pas toujours sur de la pédagogie positive vis à vis de ces enfants

Deux équipes d’un niveau équivalent.

L’Isle en Jourdain 1 – 0 TUC

De par un manque d’engagement et de jeu collectif, l’équipe était méconnaissable : début de match difficile, malgré une bonne défense, L’Isle Jourdain marque en force à la mi-temps du match. Les Tucistes ne baissent pas les bras, portés par leurs supporters mais ils sont désordonnés et n’arrivent pas à jouer simplement pour exploiter leur jeu déployé comme cette passe redoublée qui ne permet pas à l’ailier de dépasser la ligne d’avantage pour au moins égaliser…

MURET 0 – 3 TUC

Bon match, avec deux essais marqués rapidement, ce qui permettait de faire tourner……. une très bonne défense  et des rucks gagnants permettait de placer une dernière banderille ….

La Finale consolante est là!!!!!

Finale 3ème place : le soleil fait son retour…

Saint Lys 0-2 TUC

Belle rencontre, avec une très bonne défense et surtout de très belles attaques déployées, notre adversaire n’étant jamais en position de nous inquiéter….

La Victoire est là !!!!

Qui aurait cru, qu’après une phase de poule très difficile, nos petits soulèveraient une coupe bien méritée !!! Ils ont su tourner une situation délicate où ils devaient regarder leur match en arrière pour aller de l’avant, rebondir et grandir…

Merci à Tous les acteurs présents, enfants, parents et éducateurs, qui nous ont encouragés tout au long de la journée.

Merci aussi aux organisateurs pour leur sympathie, et la gestion d’un tel événement…

Les éducs 2006

Le week-end des 2006

pictU12   Du je au jeu

Etymologiquement, le « jeu » se distingue du « je ». Ce n’est ni son pluriel, ni sa déclinaison, juste son homophone. Pourtant, le plus souvent, c’est le « je » qui conduit au « jeu ». Je joue pour m’amuser, me divertir, me récréer. Le « je » reste singulier. Il tend vers le personnel, s’oriente vers l’individuel.

Dans le rugby, c’est l’inverse. Il faut passer du « je » au « nous » pour appréhender ce « jeu ». « Nous » est donc le pluriel du « je » et l’esprit même de ce sport, car sans collectif, il ne peut y avoir de « jeu » de rugby. Le rugby est un « jeu » où chaque « je » trouve sa place dans le « nous ». Il apprend aux enfants que plusieurs « je » sont moins forts qu’un seul « nous ». Les « moi », les « moi je » sont par conséquent proscrits.

Bien entendu, au rugby, les « je »  ne disparaissent pas  car le « nous » n’en constitue pas leur aliénation. Le « nous » n’est pas une contrainte, mais une ambition. Ce sont les « je » qui décident eux-mêmes de se mettre au service du « jeu » en devenant des « nous ». C’est pour cette raison que la passe est une offrande et celui qui marque un essai n’est pas un héros, mais bien le dernier maillon d’une chaîne. Telle est l’âme d’une équipe de rugby.

Mais un « nous » ne se crée pas automatiquement en accumulant les « je ». Il faut une relative codépendance des « je » pour leur permettre de franchir la frontière du « nous ». Parce que le « nous » introduit obligatoirement un doute sur la limite de son « je », un lien doit unir les différents « je ». La simple pratique du « jeu » de rugby ne suffit pas à créer un « nous ». Des « je » peuvent jouer à un même « jeu » sans être des « nous ». Une fusion des « je » s’impose mais elle ne s’impose pas d’elle-même. Des circonstances particulières peuvent y contribuer mais aucune en particulier ne peut garantir une telle réussite.

Du 13 au 15 avril 2018, 33 enfants du TUC, tous benjamins 2eme année, ont effectué un séjour à Madrid afin de participer au tournoi de rugby organisé par le Tasman Rugby Boadilla. Lors du premier jour, ils ont emprunté le même avion, visité ensemble la ville de Madrid, ri des mêmes bêtises, ramé simultanément sur les barques du parc Retiro, vécu côte à côte des moments inoubliables comme cette ola improvisée sur un trottoir du centre-ville, devenue rapidement l’attraction de la rue. Progressivement, ces différents « je » se sont transformés en un vrai « nous ». Simple coïncidence ou conséquence logique : le lendemain, les deux équipes ont remporté leur tournoi respectif.

Une personne peu férue des valeurs du rugby aurait pu écrire que ces jeunes TUCistes ont mis leurs adversaires à « je » « nous ». Or dans ce sport, chaque joueur affronte des adversaires, il ne les combat pas. Il peut les découper, les emplafonner, les tamponner, leur mettre un arrêt-buffet mais à la fin du match, quel que soit le score, une haie d’honneur leur est dressée qu’ils rendent instantanément car ce « jeu » exige le respect du « je », même quand il est « nous ».

Mais le « nous » est un paradoxe. Quelquefois, certains lui préfèrent le « on » qui fait moins peur car plus vide de sens. Le « nous » est comme le rocher de Sisyphe : une quête difficile, toujours recommencée, interminable. Le « nous » peut rapidement disparaître alors que l’on croyait l’avoir atteint. Cette génération 2006 suivra-t-elle le même destin ? Les souvenirs accumulées lors de ce séjour laissent à penser que la flamme du « nous » ne s’éteindra de sitôt. Et puis de nouveaux déplacements s’annoncent dans les prochaines semaines.

Félicitations aux parents, aux éducateurs et accompagnateurs d’avoir su organiser ce séjour, d’avoir permis à tous ces enfants de vivre cette expérience de vie en groupe et de pouvoir rentrer en France, comme l’a écrit une maman d’un joueur sur le whatsapp du groupe des 2006,  « avec un sourire plus large que leur visage et des étoiles pleins les yeux. »

Les éducateurs 2006

Le week-end des 2006

pictU12La couleur du rugby

Cela pourrait vous évoquer une grande production hollywoodienne –La Couleur des sentiments – ou le record de deux siècles –La couleur de la victoire -. Mais ce qui s’est passé samedi sur les terres voisines et pourtant inhospitalières de Balma, n’en reste pas moins important. L’épisode précèdent, je n’ose vous le rappeler, avait été d’une grande tristesse pour les parents, éducateurs, et enfants du fait de la difficulté d’investissement, du manque de collégialité et de motivation.

Sur ce plateau nous attendaient : Balma le voisin « belliqueux », le Derby local et Tournefeuille A pour corser le tout… La grippe et la gastro ont amputé notre charnière, la bande de rugbymen restants se retrouvent dans les vestiaires pour le réveil neuronal nécessaire … pour tous … Une petite séance de réveil physique … pour la forme, mais avec une intensité inhabituelle et un premier Ouiii TUC en l’honneur de l’ancien local de l’étape –à qui il faut faire honneur – un certain Pierre …

Le début des hostilités pouvait démarrer, la troupe de gamins se transforma vite en équipe de rugby dans laquelle chacun avait un rôle à jouer, un poste à assurer –pas forcément le sien, à côté d’un copain … ou plutôt de 11 copains avec les remplaçants et les autres joueurs de repos « juste » venus encourager. Le sifflet arbitral était ce jour-là facétieux, surprenant, pour ne pas dire hostile, et pourtant pas un mot, pas un signe d’exaspération, JUSTE l’ENVIE DE BIEN FAIRE.

Et ça se sent sur le bord du terrain quand l’alchimie se fait, quand se construit un collectif, quand certains –jusqu’alors sur la retenue- se libèrent et prennent leurs responsabilités en s’offrant au collectif. Certes ce n’était pas parfait, il reste du travail –et heureusement- continuer à faire des gammes. Malgré la boue, le froid, la bruine, l ‘adversité, les chocs, et un peu de frustration ils n’ont pas abandonné. C’est ce qu’il y a à retenir de cette journée ou presque … A la remarque de Pierre sur l’état plus que boueux des maillots, une recrue récente a répondu avec un sourire resplendissant :  » ça, c ‘est la couleur du rugby !  »

Sacrée leçon ! MERCI

Les éducateurs 2006

 

Le week-end des 2006

pictU12Un premier doublé de victoires !

Et quel premier doublé sur les terres de notre voisin du stade toulousain. ! Champagne !

Enfin quand on dit « terres », on parle en l’occurrence du « vieux » synthétique du stade toulousain aussi dur qu’un terrain gelé. Heureusement, aucun blessé n’est à déplorer au cours de l’après-midi.

Un premier match contre Beaumont de Lomagne à l’instar de celui produit le week-end dernier contre Montastruc la Conseillère. Une équipe tuciste renouvelée de moitié par rapport à la semaine dernière et un niveau de jeu constant. On voit bien que tous nos garçons progressent. L’équipe de Beaumont a été maintes fois débordée par des attaques au large ou au cœur de la défense. De bons replacements et de bons soutiens ont permis à nos garçons d’étouffer les velléités de nos premiers adversaires du jour. Un petit oubli sur une attaque de Beaumont a permis à ces derniers de marquer l’essai de l’honneur pour au final une victoire tuciste sans appel par 6 à 1.

Après cette première mise en confiance, nos garçons allaient affronter l’équipe du stade toulousain. Bénéficiant de l’expérience acquise le weekend dernier contre l’équipe de Colomiers – expérience acquise ça on aime bien ! – nos garçons n’ont pas regardé les U12 du stade jouer mais ont décidé de prendre dès le début le match à leur compte. Et quel compte, 2-1 à la mi-temps pour les tucistes sur un franchissement plein centre et une superbe interception. Entre ces 2 essais, de la défense avec bon nombre de ballons arrachés ou obtenus après mauls, des rucks offensifs sur lesquels les petits stadistes n’ont pu récupérer aucun ballon ! De très jolis temps de jeu de nos tucistes qui auraient encore mérités d’aller à dame avec une passe supplémentaire en seconde mi-temps. Les stadistes étaient complétement désorganisés par ces attaques et réagissaient plutôt de manière individuelle avec un bel essai de leur part à la clé. Au coup de sifflet final, une belle victoire méritée de nos garçons par 2 à 1. Que c’est bon de démystifier !

En bref, un beau samedi après-midi avec des tucistes – joueurs, parents et éducateurs – avec la banane !

Une écoute plus attentive aux entraînements. Des garçons pleinement impliqués et des rotations apportant un vrai plus à chaque changement. En bref, même si certaines phases de jeu seront encore à travailler, nos garçons jouent ENSEMBLE et surtout ont compris l’absolue nécessité de le faire pour prendre plaisir à jouer au rugby.

Les éducateurs 2006

Le week-end des 2006

pictU12Un samedi très rugby

Un rendez-vous au TUC à 10h pour un décrassage après une petite explication au tableau noir sur la stratégie. 
Un repas en commun au Club House du TUC en compagnie de nombreux parents. 
Un court déplacement à Colomiers non pas au Sélery mais sur le synthétique aussi confortable que celui du TUC.
Les enfants, les parents, les éducs, la météo étaient fin prêts pour passer une belle après-midi de rugby.

Première opposition contre Montastruc la Conseillère. Equipe très solide, en place mais qui se déplaçait moins vite que leurs opposants du jour, des Tucistes concentrés, appliqués et toujours en mouvement. De l’alternance, du jeu groupé et surtout déployé ont permis de déborder à de nombreuses reprises les oranges et noirs. Encore des péchés de gourmandise, des replacements tardifs, des soutiens oubliés mais quoi de plus normal sur tant de ballons joués. Même dans la facilité, la volonté d’avancer collectivement et d’essayer de « jouer juste » l’a emporté sur le chacun pour soi. Ce match a également permis de donner du temps de jeu a tous les enfants, a certains de marquer leur premier essai et à d’autres de gagner en confiance. Au total 11 essais seront marqués contre 0 encaissés. Pierre, tu peux remiser dans l’armoire tes chaussettes orange et noir. 

Dans un coin de la tête de chacun des 2006, sans l’évoquer depuis 10h, il restait LE match à livrer contre Colomiers. Pas de surprise avec les bleus et blancs, encore une très belle équipe, du très bon niveau U12. Durant la première période, avec l’aide du vent, les Columérins ont monopolisé le ballon et maintenu les Tucistes dans leur camp. Avec une grande solidarité, de la vaillance, ces derniers ont défendu courageusement leur ligne. Sur un cafouillage et un contre près de la ligne d’en-but Colomiers marque deux essais opportunistes. Un dernier essai sera marqué sur une percée dans l’axe. Un peu impressionnés, pas habitués au rythme imposé par les bleus et blancs durant cette première période, les Tucistes vont écrire un tout autre scénario en seconde période. Plus enthousiastes, prenant le jeu à leur compte ils vont imposer de jolis temps de jeu, conserver le ballon et marquer deux très beaux essais sur les extérieurs. A la fin du match plusieurs actions auraient mérité d’aller à dame. Contrairement à leurs adversaires les Tucistes n’étaient pas pressés que  la partie se termine. Victoire 3-2 de Colomiers.

Très bon match de l’ensemble du groupe qui va permettre aux enfants de prendre confiance en leurs moyens et de mesurer l’investissement individuel et collectif  à mettre en place pour, comme ce samedi, prendre du plaisir sur le terrain.

Les éducateurs 2006

Le week-end des 2006

pictU12Au plateau de Mazères Cassagne, on a perdu en gagnant !

C’est un moment de folie douce que seuls des enfants peuvent nous réserver, un moment qui forge une équipe, un groupe, une volonté commune de s’en sortir par le haut malgré les difficultés, les éléments et surtout face au déferlement dans notre ligne d’essai, des joueurs des équipes adverses bien organisés et qui déroulent leur jeu.

A priori, ce samedi, nos joueurs – Paul C., Édouard, Gabin, Jonathan, Milan, Arthur G, Arthur P., Kéan, Gaby C, Pierre Louis et Come – allaient connaître de nouvelles désillusions et laisser filer les matchs sans combattre. Tous les facteurs étaient réunis pour un nouveau fiasco comptable et moral : des joueurs malades et absents sur ce plateau et sur celui de Lavaur l’après midi, des conditions météorologiques incertaines et surtout hivernales, l’obligation de demander aux autres équipes du plateau de nous prêter 2 joueurs pour tenter de rivaliser …

D’autres éléments ont pourtant contribué à inverser cette dynamique…négative : un encadrement de 4 éducs important pour 11 joueurs présents, des parents encore plus que jamais derrière leurs enfants, et surtout cette volonté et cette envie des joueurs à ne rien lâcher, et à ne pas baisser les bras durant les 60 mn de jeu du plateau.

Alors certes, nos joueurs ont pris jusqu’à 10 essais par match et ont perdu une nouvelle fois. Pourtant et avec étonnement, à la fin du plateau, les sourires illuminaient les visages fatigués des joueurs, fiers d’avoir joué en équipe, et de s’être amélioré de manière constante au cours des matchs jusqu’à faire douter nos adversaires, en particulier la vallée de la lèze.

Nos petits ont remporté la 2nde mi temps du 2ème match contre la Vallée de la Lèze, en gagnant la ligne d’avantage, en avançant tout le temps en attaque comme en défense et en s’encourageant sur le terrain : naturellement, ils ont su mieux se placer.

Alors oui, à l’issue du plateau et de manière paradoxale par rapport au score, les joueurs avaient la banane.

Les parents et les éducs ne pouvaient que se plier à cette folie douce en les applaudissant. D’où l’illustration du titre de cet article, figure de style de 2 termes opposés – gagner en perdant : l’oxymore est le reflet de ce samedi et une promesse d’avenir. C’est en dépendant des autres qu’on apprend à se connaître, et cette éthique de vie est plus que jamais la base des valeurs du rugby !

Bravo encore à nos joueurs !

Les EDUCS 2006

Le week-end des 2006

pictU12  L’esprit d’équipe

Chacun sait que la cohésion et l’esprit d’équipe ne peuvent naître entre ceux qui ne se connaissent et ne se comprennent point. C’est fort de ce constat que 18 benjamins nés en 2006, accompagnés de leurs éducateurs et d’un certain nombre de parents, se sont donné rendez-vous le samedi 21 octobre 2017 à 9h30 au TUC. Au programme, un petit entrainement, puis le départ en voiture vers Argelès-Gazost, où le lendemain, ils ont participé au 21eme tournoi des Gaves. Entre-temps, ils ont visité le parc animalier des Pyrénées, puis dormi dans des familles de joueurs inscrits à l’Union Sportive Argelésienne.

Bilan du tournoi : une 4eme place (départagée pour la 3eme place au goal-average) sur 17 équipes, 3 victoires, un match nul et deux défaites, 11 essais marqués pour 6 encaissés et un niveau de jeu en net progrès, notamment lors du 1/4 de finale contre nos hôtes d’Argelès-Gazost. Mais au-delà de ce résultat comptable, il y a ce qui ne se mesure pas et qui est pourtant l’essentiel.

A vivre ensemble deux jours de suite, à angoisser mutuellement sur la famille où ils allaient passer la nuit (« tu préfères une famille gentille où l’on mange mal, ou une famille méchante où l’on mange bien ? »), puis à raconter, à qui veut l’entendre, que cela s’est super bien déroulé, à rire des mêmes bêtises, à s’offusquer en groupe contre les éducateurs lorsque ces derniers les rappellent à l’ordre, à comprendre en même temps l’adage : « seul, on va plus vite mais à plusieurs, on va plus loin », à s’imaginer et des rêves communs de trophée puis à verser une larme d’un même chagrin lors de la photo d’équipe d’après match, les enfants ont appris à se connaitre et à s’apprécier.

Il s’est créé entre eux un phénomène naturel, un lien aussi fort qu’il peut être invisible, une sensation indescriptible au premier abord mais qui s’inscrit dans le temps : le plaisir de jouer ensemble, un aspect le plus souvent sous-estimé voire même négligé à l’école de rugby, alors qu’il est le ciment qui conduit les équipes à progresser et à gagner.

Rien que pour cela, ce week-end fut une réussite et en appelle d’autres. Gageons l’arrivée du printemps sera l’occasion de rééditer ce type de voyage.

Les éducateurs 2006

Le week-end des 2006

La Quête du Graal

Dans le monde des chevaliers de la légende arthurienne, il était important d’accomplir un exploit prestigieux. Retrouver le Graal en était la quête suprême. Dans le monde actuel, point de recherche d’un calice contenant le sang du christ.  Aujourd’hui, la quête du Graal décrit un objectif difficilement réalisable, mais qui apporte à ceux qui l’ont approché, et encore plus s’ils l’ont atteint, une connaissance sur soi-même qui les rendra plus forts.Le tournoi de Tyrosse s’inscrivait dans cette perspective. L’objectif de ce déplacement n’était pas seulement de jouer un tournoi de rugby. Il s’agissait aussi et surtout de vivre une expérience collective que ce groupe n’avait jamais vécue. Vivre ensemble pendant deux jours. Accepter les différences. Etre face à face et regarder dans la même direction.

Dans le sport en général, dans le rugby en particulier, le Graal, ce n’est pas seulement la victoire, c’est aussi la façon d’y arriver. C’est cette capacité à se surpasser, à repousser ses limites, pour s’en créer d’autres. La quête du Graal est une parabole derrière laquelle se cache un idéal. Les sourires radieux des enfants tout au long de ces deux jours, autant que leurs larmes de la fin du tournoi, montrent qu’ils ont su se mettre au diapason. L’énergie dépensée et les épreuves rencontrées les ont fait grandir et leur ont révélé des qualités qu’ils ne connaissaient peut-être pas d’eux-mêmes, qui leur permettront d’en acquérir de nouvelles.

Mais la quête du graal est aussi une passerelle entre le rêve et la réalité. Tout au long du tournoi, nos adversaires (Bayonne, Dax, Saint Vincent de Tyrosse, Capbreton-Hossegor, Tournefeuille, Saint-Paul les Dax) ont été coriaces. Nos rêves de victoires ont souvent été mis à mal. Heureusement, notre équipe était composée de chevaliers et de magiciens qui ont su se sublimer individuellement et collectivement. Chacun a été tour à tour Lancelot, Perceval ou Merlin. Mais le roi est resté l’équipe.

Mais en ce 6 mai 2017, Sisyphe était tuciste. Les joueurs se sont évertués à pousser le rocher tout en haut de leur montagne ; ils l’ont maintenu de toute leur force. Mais lorsqu’ils ont escaladé les marches du podium, le rocher était redescendu à la deuxième place pour une histoire de différentiel d’essai (goal-average).

Il y a des victoires qui valent des défaites. Il y a des défaites qui valent des victoires. Mais que valent 5 victoires et 2 matchs nuls dans une même journée ? Une seule réponse exprimée en chœur à la fin du dernier match par les éducateurs et tous les parents venus en nombre : « Bravo les petits, vous vous êtes comportés comme des grands ».

Pierre Fadeuilhe