Le week-end des 2006

La Quête du Graal

Dans le monde des chevaliers de la légende arthurienne, il était important d’accomplir un exploit prestigieux. Retrouver le Graal en était la quête suprême. Dans le monde actuel, point de recherche d’un calice contenant le sang du christ.  Aujourd’hui, la quête du Graal décrit un objectif difficilement réalisable, mais qui apporte à ceux qui l’ont approché, et encore plus s’ils l’ont atteint, une connaissance sur soi-même qui les rendra plus forts.Le tournoi de Tyrosse s’inscrivait dans cette perspective. L’objectif de ce déplacement n’était pas seulement de jouer un tournoi de rugby. Il s’agissait aussi et surtout de vivre une expérience collective que ce groupe n’avait jamais vécue. Vivre ensemble pendant deux jours. Accepter les différences. Etre face à face et regarder dans la même direction.

Dans le sport en général, dans le rugby en particulier, le Graal, ce n’est pas seulement la victoire, c’est aussi la façon d’y arriver. C’est cette capacité à se surpasser, à repousser ses limites, pour s’en créer d’autres. La quête du Graal est une parabole derrière laquelle se cache un idéal. Les sourires radieux des enfants tout au long de ces deux jours, autant que leurs larmes de la fin du tournoi, montrent qu’ils ont su se mettre au diapason. L’énergie dépensée et les épreuves rencontrées les ont fait grandir et leur ont révélé des qualités qu’ils ne connaissaient peut-être pas d’eux-mêmes, qui leur permettront d’en acquérir de nouvelles.

Mais la quête du graal est aussi une passerelle entre le rêve et la réalité. Tout au long du tournoi, nos adversaires (Bayonne, Dax, Saint Vincent de Tyrosse, Capbreton-Hossegor, Tournefeuille, Saint-Paul les Dax) ont été coriaces. Nos rêves de victoires ont souvent été mis à mal. Heureusement, notre équipe était composée de chevaliers et de magiciens qui ont su se sublimer individuellement et collectivement. Chacun a été tour à tour Lancelot, Perceval ou Merlin. Mais le roi est resté l’équipe.

Mais en ce 6 mai 2017, Sisyphe était tuciste. Les joueurs se sont évertués à pousser le rocher tout en haut de leur montagne ; ils l’ont maintenu de toute leur force. Mais lorsqu’ils ont escaladé les marches du podium, le rocher était redescendu à la deuxième place pour une histoire de différentiel d’essai (goal-average).

Il y a des victoires qui valent des défaites. Il y a des défaites qui valent des victoires. Mais que valent 5 victoires et 2 matchs nuls dans une même journée ? Une seule réponse exprimée en chœur à la fin du dernier match par les éducateurs et tous les parents venus en nombre : « Bravo les petits, vous vous êtes comportés comme des grands ».

Pierre Fadeuilhe

 

Le week-end des 2006

pictU12  Tournoi de Rieumes

Les victoires du Tournoi de Rieumes

Le samedi 15 avril 2017, les benjamins 2006 du TUC ont participé au Tournoi international de l’école de Rugby de Rieumes. Résumer cette journée sous le seul angle de la victoire finale serait réducteur. D’autres victoires, aussi importantes, ont marqué cette journée.

Une victoire à la Pyrrhus. La première victoire a été celle des éducateurs, consistant à réunir au moins 12 joueurs sur le terrain. Cette victoire est principalement celle d’Olivier F., qui a relancé tous les parents pendant la semaine précédant le tournoi. Le mardi, seuls 11 joueurs étaient disponibles. Le mercredi, la liste de joueurs comptait 14 présents, puis 15 le jeudi, pour redescendre à 13 le vendredi et finir à 15 le samedi, grâce à l’apport d’un joueur non prévu, qui a réveillé son père pour venir participer et d’un autre dont les maux de ventre de la semaine ont disparu comme par magie le samedi matin au réveil. C’est par ce grand nombre de petites victoires que les Tucistes ont évité le plus grand des échecs : le forfait.

La victoire sur soi est la plus grande des victoires. En ce début de tournoi, l’objectif n’était pas de remporter les quatre matchs qui étaient proposés, mais de faire en sorte que les enfants prennent du plaisir à jouer ensemble. Le vainqueur est souvent celui qui attache le moindre prix à la victoire finale et se concentre sur ses ingrédients. La victoire aime l’effort. Elle est aussi le fruit de l’amitié, de la camaraderie. Ensuite, la victoire lors de la première rencontre, celle contre l’équipe de Saint-Lys, en a appelé d’autres après elle. Mais il n’est point de triomphe sans victoire, point de victoire sans obstacles. Chaque rencontre, notamment celle contre le FCTT, a eu son lot d’émotions, de sueurs et d’imperfections.

Il ne faut jamais crier trop tôt victoire. Fort d’une matinée de très grande qualité, les joueurs du TUC ont entamé le premier match de l’après-midi contre Gaillac un peu trop confiants. Les actions collectives du matin ont été remplacées par des tentatives inabouties d’exploits individuels. Mais la victoire est d’autant plus belle que la difficulté de surmonter est plus grande. En privilégiant la force du collectif à la raison du plus fort, le courage et la patience ont forcé la victoire à se déclarer.

Il n’y a pas de petite victoire, il n’y a que des victoires. C’était le mot d’ordre du dernier match de la journée contre Colomiers. Mais le premier devoir d’un vainqueur est d’être juste. Il ne s’agissait pas d’une finale car c’était le dernier match d’une poule unique et l’adversaire qui nous était proposé ne jouait pas la première place. Mais là où certains se seraient contentés d’une lâche victoire à un échec honorable, les joueurs du TUC ont retrouvé les vertus du matin,  joué avant de penser à gagner, pour proposer un rugby de qualité.

Quel que soit l’enjeu, il faut avoir dans la victoire le triomphe modeste. Du triomphe à la chute, il n’est souvent qu’un pas. Comme l’a écrit Jean Rostand : « Après le temps d’orgueil, le temps de modestie : sachons réduire à leur juste mesure nos triomphes ». Vaincre n’est rien, il faut profiter du succès pour construire le lendemain. Tel est l’enjeu du prochain entrainement.

Les éducateurs 2006

Le week-end des 2006

pictU12  Matchs au Lévezou contre contre Albi et Lévezou

Par Pierre Fadeuilhe : Le cocktail « journée réussie »

Les amateurs le savent. Pour réaliser un cocktail délicieux, il ne s’agit pas de mélanger quelques ingrédients au hasard. Il faut créer une harmonie de façon à surprendre, ébahir voire émouvoir la personne qui est amenée à le déguster.

Un match de rugby, surtout s’il donne lieu à un long déplacement en bus, est aussi une alchimie qui dépend d’un juste dosage de certains ingrédients.

Trop d’amusement peut quelquefois nuire à la qualité du match et à l’ambiance au sein de l’équipe lors du chemin du retour. A l’inverse, trop de sérieux couplé à des cris d’entraineurs déversant plus leur mal-être que leurs conseils avisés peut enlever le plaisir de la pratique d’un sport collectif.

Pour être réussi, un match de rugby doit être un mélange harmonieux d’ingrédients. C’est ce type de cocktail que les benjamins 2006 ont concocté lors d’un déplacement à Réquista (12), le 1er avril 2017, pour y rencontrer l’équipe locale du Lévézou et celle d’Albi.

En voici la recette.

Prenez une grande dose de bonne humeur qui mêle rire, plaisanterie et futilité. Optez pour une marque de bonne humeur homologuée par des enfants de 10-11 ans, qui se dilue sans s’évaporer, qui s’empreigne sans déborder, qui se diffuse sans écœurer, efficace pour durer du bus aux vestiaires, du pique-nique au gouter d’après-match, des douches au parking du TUC.

Prenez ensuite une dose compacte d’investissement collectif, une volonté de jouer ensemble, une combativité sans faille. Ajoutez-y une pincée de courage et d’abnégation pour faire face à des joueurs adverses aux physiques imposants, bâtis sur l’autel du grand air et de la qualité de la nourriture aveyronnaise.

Rajoutez-y enfin un peu d’eau, moins toutefois que celle de pluie qui s’est abattue sur tous les joueurs durant l’échauffement et une grande partie du match rendant ainsi le terrain très boueux, suffisante pour donner une touche dépaysante à la rencontre.

Pour décorer le tout, rajoutez-y deux victoires en deux matchs, sans prendre un essai et une prestation fort aboutie.

C’est prêt.

Sachez apprécier car le temps de l’enfance est court. Il ne se rattrape pas.