Le week-end des 2006

pictU12   Du je au jeu

Etymologiquement, le « jeu » se distingue du « je ». Ce n’est ni son pluriel, ni sa déclinaison, juste son homophone. Pourtant, le plus souvent, c’est le « je » qui conduit au « jeu ». Je joue pour m’amuser, me divertir, me récréer. Le « je » reste singulier. Il tend vers le personnel, s’oriente vers l’individuel.

Dans le rugby, c’est l’inverse. Il faut passer du « je » au « nous » pour appréhender ce « jeu ». « Nous » est donc le pluriel du « je » et l’esprit même de ce sport, car sans collectif, il ne peut y avoir de « jeu » de rugby. Le rugby est un « jeu » où chaque « je » trouve sa place dans le « nous ». Il apprend aux enfants que plusieurs « je » sont moins forts qu’un seul « nous ». Les « moi », les « moi je » sont par conséquent proscrits.

Bien entendu, au rugby, les « je »  ne disparaissent pas  car le « nous » n’en constitue pas leur aliénation. Le « nous » n’est pas une contrainte, mais une ambition. Ce sont les « je » qui décident eux-mêmes de se mettre au service du « jeu » en devenant des « nous ». C’est pour cette raison que la passe est une offrande et celui qui marque un essai n’est pas un héros, mais bien le dernier maillon d’une chaîne. Telle est l’âme d’une équipe de rugby.

Mais un « nous » ne se crée pas automatiquement en accumulant les « je ». Il faut une relative codépendance des « je » pour leur permettre de franchir la frontière du « nous ». Parce que le « nous » introduit obligatoirement un doute sur la limite de son « je », un lien doit unir les différents « je ». La simple pratique du « jeu » de rugby ne suffit pas à créer un « nous ». Des « je » peuvent jouer à un même « jeu » sans être des « nous ». Une fusion des « je » s’impose mais elle ne s’impose pas d’elle-même. Des circonstances particulières peuvent y contribuer mais aucune en particulier ne peut garantir une telle réussite.

Du 13 au 15 avril 2018, 33 enfants du TUC, tous benjamins 2eme année, ont effectué un séjour à Madrid afin de participer au tournoi de rugby organisé par le Tasman Rugby Boadilla. Lors du premier jour, ils ont emprunté le même avion, visité ensemble la ville de Madrid, ri des mêmes bêtises, ramé simultanément sur les barques du parc Retiro, vécu côte à côte des moments inoubliables comme cette ola improvisée sur un trottoir du centre-ville, devenue rapidement l’attraction de la rue. Progressivement, ces différents « je » se sont transformés en un vrai « nous ». Simple coïncidence ou conséquence logique : le lendemain, les deux équipes ont remporté leur tournoi respectif.

Une personne peu férue des valeurs du rugby aurait pu écrire que ces jeunes TUCistes ont mis leurs adversaires à « je » « nous ». Or dans ce sport, chaque joueur affronte des adversaires, il ne les combat pas. Il peut les découper, les emplafonner, les tamponner, leur mettre un arrêt-buffet mais à la fin du match, quel que soit le score, une haie d’honneur leur est dressée qu’ils rendent instantanément car ce « jeu » exige le respect du « je », même quand il est « nous ».

Mais le « nous » est un paradoxe. Quelquefois, certains lui préfèrent le « on » qui fait moins peur car plus vide de sens. Le « nous » est comme le rocher de Sisyphe : une quête difficile, toujours recommencée, interminable. Le « nous » peut rapidement disparaître alors que l’on croyait l’avoir atteint. Cette génération 2006 suivra-t-elle le même destin ? Les souvenirs accumulées lors de ce séjour laissent à penser que la flamme du « nous » ne s’éteindra de sitôt. Et puis de nouveaux déplacements s’annoncent dans les prochaines semaines.

Félicitations aux parents, aux éducateurs et accompagnateurs d’avoir su organiser ce séjour, d’avoir permis à tous ces enfants de vivre cette expérience de vie en groupe et de pouvoir rentrer en France, comme l’a écrit une maman d’un joueur sur le whatsapp du groupe des 2006,  « avec un sourire plus large que leur visage et des étoiles pleins les yeux. »

Les éducateurs 2006

Le week-end des 2006

pictU12La couleur du rugby

Cela pourrait vous évoquer une grande production hollywoodienne –La Couleur des sentiments – ou le record de deux siècles –La couleur de la victoire -. Mais ce qui s’est passé samedi sur les terres voisines et pourtant inhospitalières de Balma, n’en reste pas moins important. L’épisode précèdent, je n’ose vous le rappeler, avait été d’une grande tristesse pour les parents, éducateurs, et enfants du fait de la difficulté d’investissement, du manque de collégialité et de motivation.

Sur ce plateau nous attendaient : Balma le voisin « belliqueux », le Derby local et Tournefeuille A pour corser le tout… La grippe et la gastro ont amputé notre charnière, la bande de rugbymen restants se retrouvent dans les vestiaires pour le réveil neuronal nécessaire … pour tous … Une petite séance de réveil physique … pour la forme, mais avec une intensité inhabituelle et un premier Ouiii TUC en l’honneur de l’ancien local de l’étape –à qui il faut faire honneur – un certain Pierre …

Le début des hostilités pouvait démarrer, la troupe de gamins se transforma vite en équipe de rugby dans laquelle chacun avait un rôle à jouer, un poste à assurer –pas forcément le sien, à côté d’un copain … ou plutôt de 11 copains avec les remplaçants et les autres joueurs de repos « juste » venus encourager. Le sifflet arbitral était ce jour-là facétieux, surprenant, pour ne pas dire hostile, et pourtant pas un mot, pas un signe d’exaspération, JUSTE l’ENVIE DE BIEN FAIRE.

Et ça se sent sur le bord du terrain quand l’alchimie se fait, quand se construit un collectif, quand certains –jusqu’alors sur la retenue- se libèrent et prennent leurs responsabilités en s’offrant au collectif. Certes ce n’était pas parfait, il reste du travail –et heureusement- continuer à faire des gammes. Malgré la boue, le froid, la bruine, l ‘adversité, les chocs, et un peu de frustration ils n’ont pas abandonné. C’est ce qu’il y a à retenir de cette journée ou presque … A la remarque de Pierre sur l’état plus que boueux des maillots, une recrue récente a répondu avec un sourire resplendissant :  » ça, c ‘est la couleur du rugby !  »

Sacrée leçon ! MERCI

Les éducateurs 2006

 

Le week-end des 2006

pictU12Un premier doublé de victoires !

Et quel premier doublé sur les terres de notre voisin du stade toulousain. ! Champagne !

Enfin quand on dit « terres », on parle en l’occurrence du « vieux » synthétique du stade toulousain aussi dur qu’un terrain gelé. Heureusement, aucun blessé n’est à déplorer au cours de l’après-midi.

Un premier match contre Beaumont de Lomagne à l’instar de celui produit le week-end dernier contre Montastruc la Conseillère. Une équipe tuciste renouvelée de moitié par rapport à la semaine dernière et un niveau de jeu constant. On voit bien que tous nos garçons progressent. L’équipe de Beaumont a été maintes fois débordée par des attaques au large ou au cœur de la défense. De bons replacements et de bons soutiens ont permis à nos garçons d’étouffer les velléités de nos premiers adversaires du jour. Un petit oubli sur une attaque de Beaumont a permis à ces derniers de marquer l’essai de l’honneur pour au final une victoire tuciste sans appel par 6 à 1.

Après cette première mise en confiance, nos garçons allaient affronter l’équipe du stade toulousain. Bénéficiant de l’expérience acquise le weekend dernier contre l’équipe de Colomiers – expérience acquise ça on aime bien ! – nos garçons n’ont pas regardé les U12 du stade jouer mais ont décidé de prendre dès le début le match à leur compte. Et quel compte, 2-1 à la mi-temps pour les tucistes sur un franchissement plein centre et une superbe interception. Entre ces 2 essais, de la défense avec bon nombre de ballons arrachés ou obtenus après mauls, des rucks offensifs sur lesquels les petits stadistes n’ont pu récupérer aucun ballon ! De très jolis temps de jeu de nos tucistes qui auraient encore mérités d’aller à dame avec une passe supplémentaire en seconde mi-temps. Les stadistes étaient complétement désorganisés par ces attaques et réagissaient plutôt de manière individuelle avec un bel essai de leur part à la clé. Au coup de sifflet final, une belle victoire méritée de nos garçons par 2 à 1. Que c’est bon de démystifier !

En bref, un beau samedi après-midi avec des tucistes – joueurs, parents et éducateurs – avec la banane !

Une écoute plus attentive aux entraînements. Des garçons pleinement impliqués et des rotations apportant un vrai plus à chaque changement. En bref, même si certaines phases de jeu seront encore à travailler, nos garçons jouent ENSEMBLE et surtout ont compris l’absolue nécessité de le faire pour prendre plaisir à jouer au rugby.

Les éducateurs 2006

Le week-end des 2006

pictU12Un samedi très rugby

Un rendez-vous au TUC à 10h pour un décrassage après une petite explication au tableau noir sur la stratégie. 
Un repas en commun au Club House du TUC en compagnie de nombreux parents. 
Un court déplacement à Colomiers non pas au Sélery mais sur le synthétique aussi confortable que celui du TUC.
Les enfants, les parents, les éducs, la météo étaient fin prêts pour passer une belle après-midi de rugby.

Première opposition contre Montastruc la Conseillère. Equipe très solide, en place mais qui se déplaçait moins vite que leurs opposants du jour, des Tucistes concentrés, appliqués et toujours en mouvement. De l’alternance, du jeu groupé et surtout déployé ont permis de déborder à de nombreuses reprises les oranges et noirs. Encore des péchés de gourmandise, des replacements tardifs, des soutiens oubliés mais quoi de plus normal sur tant de ballons joués. Même dans la facilité, la volonté d’avancer collectivement et d’essayer de « jouer juste » l’a emporté sur le chacun pour soi. Ce match a également permis de donner du temps de jeu a tous les enfants, a certains de marquer leur premier essai et à d’autres de gagner en confiance. Au total 11 essais seront marqués contre 0 encaissés. Pierre, tu peux remiser dans l’armoire tes chaussettes orange et noir. 

Dans un coin de la tête de chacun des 2006, sans l’évoquer depuis 10h, il restait LE match à livrer contre Colomiers. Pas de surprise avec les bleus et blancs, encore une très belle équipe, du très bon niveau U12. Durant la première période, avec l’aide du vent, les Columérins ont monopolisé le ballon et maintenu les Tucistes dans leur camp. Avec une grande solidarité, de la vaillance, ces derniers ont défendu courageusement leur ligne. Sur un cafouillage et un contre près de la ligne d’en-but Colomiers marque deux essais opportunistes. Un dernier essai sera marqué sur une percée dans l’axe. Un peu impressionnés, pas habitués au rythme imposé par les bleus et blancs durant cette première période, les Tucistes vont écrire un tout autre scénario en seconde période. Plus enthousiastes, prenant le jeu à leur compte ils vont imposer de jolis temps de jeu, conserver le ballon et marquer deux très beaux essais sur les extérieurs. A la fin du match plusieurs actions auraient mérité d’aller à dame. Contrairement à leurs adversaires les Tucistes n’étaient pas pressés que  la partie se termine. Victoire 3-2 de Colomiers.

Très bon match de l’ensemble du groupe qui va permettre aux enfants de prendre confiance en leurs moyens et de mesurer l’investissement individuel et collectif  à mettre en place pour, comme ce samedi, prendre du plaisir sur le terrain.

Les éducateurs 2006

Le week-end des 2006

pictU12Au plateau de Mazères Cassagne, on a perdu en gagnant !

C’est un moment de folie douce que seuls des enfants peuvent nous réserver, un moment qui forge une équipe, un groupe, une volonté commune de s’en sortir par le haut malgré les difficultés, les éléments et surtout face au déferlement dans notre ligne d’essai, des joueurs des équipes adverses bien organisés et qui déroulent leur jeu.

A priori, ce samedi, nos joueurs – Paul C., Édouard, Gabin, Jonathan, Milan, Arthur G, Arthur P., Kéan, Gaby C, Pierre Louis et Come – allaient connaître de nouvelles désillusions et laisser filer les matchs sans combattre. Tous les facteurs étaient réunis pour un nouveau fiasco comptable et moral : des joueurs malades et absents sur ce plateau et sur celui de Lavaur l’après midi, des conditions météorologiques incertaines et surtout hivernales, l’obligation de demander aux autres équipes du plateau de nous prêter 2 joueurs pour tenter de rivaliser …

D’autres éléments ont pourtant contribué à inverser cette dynamique…négative : un encadrement de 4 éducs important pour 11 joueurs présents, des parents encore plus que jamais derrière leurs enfants, et surtout cette volonté et cette envie des joueurs à ne rien lâcher, et à ne pas baisser les bras durant les 60 mn de jeu du plateau.

Alors certes, nos joueurs ont pris jusqu’à 10 essais par match et ont perdu une nouvelle fois. Pourtant et avec étonnement, à la fin du plateau, les sourires illuminaient les visages fatigués des joueurs, fiers d’avoir joué en équipe, et de s’être amélioré de manière constante au cours des matchs jusqu’à faire douter nos adversaires, en particulier la vallée de la lèze.

Nos petits ont remporté la 2nde mi temps du 2ème match contre la Vallée de la Lèze, en gagnant la ligne d’avantage, en avançant tout le temps en attaque comme en défense et en s’encourageant sur le terrain : naturellement, ils ont su mieux se placer.

Alors oui, à l’issue du plateau et de manière paradoxale par rapport au score, les joueurs avaient la banane.

Les parents et les éducs ne pouvaient que se plier à cette folie douce en les applaudissant. D’où l’illustration du titre de cet article, figure de style de 2 termes opposés – gagner en perdant : l’oxymore est le reflet de ce samedi et une promesse d’avenir. C’est en dépendant des autres qu’on apprend à se connaître, et cette éthique de vie est plus que jamais la base des valeurs du rugby !

Bravo encore à nos joueurs !

Les EDUCS 2006

Le week-end des 2006

pictU12  L’esprit d’équipe

Chacun sait que la cohésion et l’esprit d’équipe ne peuvent naître entre ceux qui ne se connaissent et ne se comprennent point. C’est fort de ce constat que 18 benjamins nés en 2006, accompagnés de leurs éducateurs et d’un certain nombre de parents, se sont donné rendez-vous le samedi 21 octobre 2017 à 9h30 au TUC. Au programme, un petit entrainement, puis le départ en voiture vers Argelès-Gazost, où le lendemain, ils ont participé au 21eme tournoi des Gaves. Entre-temps, ils ont visité le parc animalier des Pyrénées, puis dormi dans des familles de joueurs inscrits à l’Union Sportive Argelésienne.

Bilan du tournoi : une 4eme place (départagée pour la 3eme place au goal-average) sur 17 équipes, 3 victoires, un match nul et deux défaites, 11 essais marqués pour 6 encaissés et un niveau de jeu en net progrès, notamment lors du 1/4 de finale contre nos hôtes d’Argelès-Gazost. Mais au-delà de ce résultat comptable, il y a ce qui ne se mesure pas et qui est pourtant l’essentiel.

A vivre ensemble deux jours de suite, à angoisser mutuellement sur la famille où ils allaient passer la nuit (« tu préfères une famille gentille où l’on mange mal, ou une famille méchante où l’on mange bien ? »), puis à raconter, à qui veut l’entendre, que cela s’est super bien déroulé, à rire des mêmes bêtises, à s’offusquer en groupe contre les éducateurs lorsque ces derniers les rappellent à l’ordre, à comprendre en même temps l’adage : « seul, on va plus vite mais à plusieurs, on va plus loin », à s’imaginer et des rêves communs de trophée puis à verser une larme d’un même chagrin lors de la photo d’équipe d’après match, les enfants ont appris à se connaitre et à s’apprécier.

Il s’est créé entre eux un phénomène naturel, un lien aussi fort qu’il peut être invisible, une sensation indescriptible au premier abord mais qui s’inscrit dans le temps : le plaisir de jouer ensemble, un aspect le plus souvent sous-estimé voire même négligé à l’école de rugby, alors qu’il est le ciment qui conduit les équipes à progresser et à gagner.

Rien que pour cela, ce week-end fut une réussite et en appelle d’autres. Gageons l’arrivée du printemps sera l’occasion de rééditer ce type de voyage.

Les éducateurs 2006

Le week-end des 2006

La Quête du Graal

Dans le monde des chevaliers de la légende arthurienne, il était important d’accomplir un exploit prestigieux. Retrouver le Graal en était la quête suprême. Dans le monde actuel, point de recherche d’un calice contenant le sang du christ.  Aujourd’hui, la quête du Graal décrit un objectif difficilement réalisable, mais qui apporte à ceux qui l’ont approché, et encore plus s’ils l’ont atteint, une connaissance sur soi-même qui les rendra plus forts.Le tournoi de Tyrosse s’inscrivait dans cette perspective. L’objectif de ce déplacement n’était pas seulement de jouer un tournoi de rugby. Il s’agissait aussi et surtout de vivre une expérience collective que ce groupe n’avait jamais vécue. Vivre ensemble pendant deux jours. Accepter les différences. Etre face à face et regarder dans la même direction.

Dans le sport en général, dans le rugby en particulier, le Graal, ce n’est pas seulement la victoire, c’est aussi la façon d’y arriver. C’est cette capacité à se surpasser, à repousser ses limites, pour s’en créer d’autres. La quête du Graal est une parabole derrière laquelle se cache un idéal. Les sourires radieux des enfants tout au long de ces deux jours, autant que leurs larmes de la fin du tournoi, montrent qu’ils ont su se mettre au diapason. L’énergie dépensée et les épreuves rencontrées les ont fait grandir et leur ont révélé des qualités qu’ils ne connaissaient peut-être pas d’eux-mêmes, qui leur permettront d’en acquérir de nouvelles.

Mais la quête du graal est aussi une passerelle entre le rêve et la réalité. Tout au long du tournoi, nos adversaires (Bayonne, Dax, Saint Vincent de Tyrosse, Capbreton-Hossegor, Tournefeuille, Saint-Paul les Dax) ont été coriaces. Nos rêves de victoires ont souvent été mis à mal. Heureusement, notre équipe était composée de chevaliers et de magiciens qui ont su se sublimer individuellement et collectivement. Chacun a été tour à tour Lancelot, Perceval ou Merlin. Mais le roi est resté l’équipe.

Mais en ce 6 mai 2017, Sisyphe était tuciste. Les joueurs se sont évertués à pousser le rocher tout en haut de leur montagne ; ils l’ont maintenu de toute leur force. Mais lorsqu’ils ont escaladé les marches du podium, le rocher était redescendu à la deuxième place pour une histoire de différentiel d’essai (goal-average).

Il y a des victoires qui valent des défaites. Il y a des défaites qui valent des victoires. Mais que valent 5 victoires et 2 matchs nuls dans une même journée ? Une seule réponse exprimée en chœur à la fin du dernier match par les éducateurs et tous les parents venus en nombre : « Bravo les petits, vous vous êtes comportés comme des grands ».

Pierre Fadeuilhe

 

Le week-end des 2006

pictU12  Tournoi de Rieumes

Les victoires du Tournoi de Rieumes

Le samedi 15 avril 2017, les benjamins 2006 du TUC ont participé au Tournoi international de l’école de Rugby de Rieumes. Résumer cette journée sous le seul angle de la victoire finale serait réducteur. D’autres victoires, aussi importantes, ont marqué cette journée.

Une victoire à la Pyrrhus. La première victoire a été celle des éducateurs, consistant à réunir au moins 12 joueurs sur le terrain. Cette victoire est principalement celle d’Olivier F., qui a relancé tous les parents pendant la semaine précédant le tournoi. Le mardi, seuls 11 joueurs étaient disponibles. Le mercredi, la liste de joueurs comptait 14 présents, puis 15 le jeudi, pour redescendre à 13 le vendredi et finir à 15 le samedi, grâce à l’apport d’un joueur non prévu, qui a réveillé son père pour venir participer et d’un autre dont les maux de ventre de la semaine ont disparu comme par magie le samedi matin au réveil. C’est par ce grand nombre de petites victoires que les Tucistes ont évité le plus grand des échecs : le forfait.

La victoire sur soi est la plus grande des victoires. En ce début de tournoi, l’objectif n’était pas de remporter les quatre matchs qui étaient proposés, mais de faire en sorte que les enfants prennent du plaisir à jouer ensemble. Le vainqueur est souvent celui qui attache le moindre prix à la victoire finale et se concentre sur ses ingrédients. La victoire aime l’effort. Elle est aussi le fruit de l’amitié, de la camaraderie. Ensuite, la victoire lors de la première rencontre, celle contre l’équipe de Saint-Lys, en a appelé d’autres après elle. Mais il n’est point de triomphe sans victoire, point de victoire sans obstacles. Chaque rencontre, notamment celle contre le FCTT, a eu son lot d’émotions, de sueurs et d’imperfections.

Il ne faut jamais crier trop tôt victoire. Fort d’une matinée de très grande qualité, les joueurs du TUC ont entamé le premier match de l’après-midi contre Gaillac un peu trop confiants. Les actions collectives du matin ont été remplacées par des tentatives inabouties d’exploits individuels. Mais la victoire est d’autant plus belle que la difficulté de surmonter est plus grande. En privilégiant la force du collectif à la raison du plus fort, le courage et la patience ont forcé la victoire à se déclarer.

Il n’y a pas de petite victoire, il n’y a que des victoires. C’était le mot d’ordre du dernier match de la journée contre Colomiers. Mais le premier devoir d’un vainqueur est d’être juste. Il ne s’agissait pas d’une finale car c’était le dernier match d’une poule unique et l’adversaire qui nous était proposé ne jouait pas la première place. Mais là où certains se seraient contentés d’une lâche victoire à un échec honorable, les joueurs du TUC ont retrouvé les vertus du matin,  joué avant de penser à gagner, pour proposer un rugby de qualité.

Quel que soit l’enjeu, il faut avoir dans la victoire le triomphe modeste. Du triomphe à la chute, il n’est souvent qu’un pas. Comme l’a écrit Jean Rostand : « Après le temps d’orgueil, le temps de modestie : sachons réduire à leur juste mesure nos triomphes ». Vaincre n’est rien, il faut profiter du succès pour construire le lendemain. Tel est l’enjeu du prochain entrainement.

Les éducateurs 2006

Le week-end des 2006

pictU12  Matchs au Lévezou contre contre Albi et Lévezou

Par Pierre Fadeuilhe : Le cocktail « journée réussie »

Les amateurs le savent. Pour réaliser un cocktail délicieux, il ne s’agit pas de mélanger quelques ingrédients au hasard. Il faut créer une harmonie de façon à surprendre, ébahir voire émouvoir la personne qui est amenée à le déguster.

Un match de rugby, surtout s’il donne lieu à un long déplacement en bus, est aussi une alchimie qui dépend d’un juste dosage de certains ingrédients.

Trop d’amusement peut quelquefois nuire à la qualité du match et à l’ambiance au sein de l’équipe lors du chemin du retour. A l’inverse, trop de sérieux couplé à des cris d’entraineurs déversant plus leur mal-être que leurs conseils avisés peut enlever le plaisir de la pratique d’un sport collectif.

Pour être réussi, un match de rugby doit être un mélange harmonieux d’ingrédients. C’est ce type de cocktail que les benjamins 2006 ont concocté lors d’un déplacement à Réquista (12), le 1er avril 2017, pour y rencontrer l’équipe locale du Lévézou et celle d’Albi.

En voici la recette.

Prenez une grande dose de bonne humeur qui mêle rire, plaisanterie et futilité. Optez pour une marque de bonne humeur homologuée par des enfants de 10-11 ans, qui se dilue sans s’évaporer, qui s’empreigne sans déborder, qui se diffuse sans écœurer, efficace pour durer du bus aux vestiaires, du pique-nique au gouter d’après-match, des douches au parking du TUC.

Prenez ensuite une dose compacte d’investissement collectif, une volonté de jouer ensemble, une combativité sans faille. Ajoutez-y une pincée de courage et d’abnégation pour faire face à des joueurs adverses aux physiques imposants, bâtis sur l’autel du grand air et de la qualité de la nourriture aveyronnaise.

Rajoutez-y enfin un peu d’eau, moins toutefois que celle de pluie qui s’est abattue sur tous les joueurs durant l’échauffement et une grande partie du match rendant ainsi le terrain très boueux, suffisante pour donner une touche dépaysante à la rencontre.

Pour décorer le tout, rajoutez-y deux victoires en deux matchs, sans prendre un essai et une prestation fort aboutie.

C’est prêt.

Sachez apprécier car le temps de l’enfance est court. Il ne se rattrape pas.